Le
kung-fu, un sport pour tous. Pourquoi pas vous?
25 ans Ming Ch'uan Kung-fu
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Interview avec Jean-Pierre Beauverd
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Né
en Chine, il y a plus de 2000 ans, le Kung-Fu est le plus vieil art martial
du monde. Il se développe peu à peu dans les provinces du pays avant que des
voyageurs et des moines l’exportent au Japon et en Corée.
Kung
= un but à atteindre
Fu = l’homme, également le temps
Le Kung-Fu s’est construit sur l’observation des techniques de combat
du monde animal. Différents animaux sont ainsi devenus l’emblème d’un style
de Kung-Fu; on parle du style du Dragon, du style du Tigre ou encore de celui
du Singe !
Qu’est-ce
que le Ming-Ch’uan Kung-Fu ?
Le
style de Kung-Fu enseigné au sein de notre école est un style qui se situe à
mi-chemin entre les styles du Sud et du Nord : les styles du Sud sont basés
sur la puissance de l’impact. Cette puissance s’acquière par un grand travail
de concentration de l’énergie vitale et tend à favoriser l’efficacité d’un coup
unique. A l’opposé, les styles du Nord travaillent sur la multiplication des
frappes et des enchaînements. Actuellement environ 400 styles différents et
2000 variations sont recensées.
Plus
précisément, le style Ming-Ch’uan peut se définir comme un intermédiaire entre
le style Shaolin du sud et celui de la « Main de fer » qui est entièrement
basé sur l’endurcissement de la main et sur les frappes manuelles.
Il
n’existe pas de réseau concernant le style Ming-Ch’uan. Il appartient à ceux
qui l’ont développé, à savoir les divers Maîtres de Chine et d’ailleurs qui
ont voyagé dans le sud-est asiatique et qui l’ont enrichi de leurs propres expériences.
Contrairement au Wushu Shaolin qui est basé sur des règles et des principes
millénaires inchangés dont les adeptes perpétuent la tradition, le Ming-Ch’uan
a su évoluer grâce à divers Maîtres (ainsi qu’à leurs élèves) qui l’ont épuré
dans la recherche de l’efficacité. Le maintient de la tradition était alors
devenu secondaire. Le Ming-Ch’uan se veut plus évolutif que gardien de la tradition
et, dans ce sens, on pourrait le comparer à une langue vivante, en perpétuelle
évolution.
Un
des nombreux aspects du Kung-Fu sur lequel notre école met un accent, est celui
de la self-défense. L’objectif est de donner à l’élève les moyens pour anticiper,
comprendre et maîtriser une situation d’agression.
La
pratique du Kung-Fu
Tout
élève souhaitant pratiquer un art martial doit faire preuve de qualités indispensables.
L’humilité, le respect de soi et des autres, la discipline, la persévérance,
la rigueur sont autant de qualités nécessaires
à cette pratique et permettent la construction d’une grande force de
caractère. C’est pourquoi il est souvent difficile d’atteindre la norme standard
du pratiquant moyen. Toutes ces qualités ne sont pas toujours présentes d’une
manière évidente, mais tout un chacun peut travailler à les développer à condition
de le vouloir et d’en comprendre l’importance. La motivation est la clé de la
réussite et seul l’élève est responsable de celle-ci.
Le
rôle du maître est d’enseigner et non de motiver. Lorsqu’une relation s’établit
entre le maître et son élève un engagement tacite prend place : le Maître
s’engage à dispenser son enseignement et l’élève s’engage à être présent pour
le recevoir. Si toutefois le doute apparaît dans l’esprit de l’élève, il doit
le percevoir, l’accepter, en parler et prendre librement la décision qui s’impose
alors à lui.
La
pratique d’un Art Martial relève d’un choix personnel dont nous devons percevoir
toute l’étendue. Aligner des grades n’est en aucun cas le but de la pratique
d’un art martial.
Le
Kung-Fu est-il un art martial structuré ?
Le Maître est seul responsable de
son enseignement, ses élèves sont seuls responsables du choix qu’ils font à
le suivre. Le Kung-Fu est une affaire entre soi et soi-même.
Il n’existe à la base ni barrette,
ni grade. Ils ont été mis au point par les Européens dans un but de motivation.
Chaque école choisit de les attribuer ou non dans le but de créer des repères.
Ces repères permettent à l’élève de mesurer le chemin parcouru et du travail
qui reste à accomplir.
Le
Sifu, le Maître, le Professeur : qui est-il ?
Dans le monde des Arts Martiaux et
plus particulièrement dans celui du Kung-Fu on ne demande pas quelle est la
formation du Maître. Cela ne se fait tout simplement pas (question de tradition
et de respect). Demande t-on à un avocat quel a été son cursus ? Non. Il
a étudié et reçu un diplôme. Pourtant tous ne sont pas forcément comparables,
que ce soit sur l’aspect des compétences ou sur l’aspect plus impalpable de
leur éthique ! C’est la même chose dans les Arts martiaux. Certains Maîtres
sont bardés de « dan » ou bien de degrés sur leur ceinture ou
leurs certificats. D’autres exposent trophées et médailles. Est-ce là le plus
important ? Peut-être pas !
Qu’en
est-il de l’amour de l’art, de l’énergie mise dans l’enseignement ?
Juger des compétences d’un Sifu est difficile, voire impossible, pour le néophyte, mais c’est au niveau humain qu’il doit se mettre pour choisir un maître plutôt qu’un autre. Rencontrer et écouter le Sifu parler de son style qu’il aime et de la manière qu’il a de l’enseigner est le meilleur moyen de faire ce choix. Ensuite c’est la pratique qui guidera l’élève.